Ambroise Courant, créateur normand et fondateur de Valambre, transforme sa passion pour le travail du bois en une aventure entrepreneuriale audacieuse dans l’Eure. Portrait d’un artisan normand qui prouve que l’authenticité et la créativité peuvent devenir un vrai projet de vie.

Ambroise Courant, un créateur normand, né pour travailler le bois
Il y a des gens dont on se dit, en les écoutant, que leur chemin était tracé depuis le début. Ambroise Courant, fondateur de Valambre et créateur normand installé dans l’Eure, fait partie de cette catégorie. Depuis tout petit, il a toujours aimé fabriquer, toucher, transformer.
« J’étais manuel, j’ai toujours touché un petit peu à tout, au bois, à fabriquer toutes sortes d’objets. Dès que j’avais besoin de quelque chose, je faisais par mes propres moyens. »
Aujourd’hui, Valambre attire les regards sur les marchés, les festivals et les réseaux sociaux avec des créations design qui mêlent bois normand et résine époxy : des vases aux formes organiques, des lampes qui transforment un intérieur, des planches apéro taillées pour durer, du mobilier sur mesure et surtout des cibles de fléchettes personnalisées qui font de plus en plus parler d’elles. On vous raconte tout.
Valambre : une marque au nom né d’une amitié normande
Commençons par le commencement : pourquoi Valambre ? Le nom n’est pas choisi au hasard, et il dit beaucoup sur qui est Ambroise.
« C’est le mix entre Valentin et Ambroise, une amitié qui compte beaucoup pour moi. »
Valentin, c’est son meilleur ami d’enfance, lui aussi est désormais menuisier. Chez Valentin, son père, leur laissait une liberté qui leur permettait d’essayer, de fabriquer et de développer leur créativité.
« Valentin, c’est lui qui faisait tout dans la maison. Quand j’allais chez lui, on avait toujours l’habitude de fabriquer, on faisait du skateboard, on se fabriquait des rampes pour s’amuser. C’est aussi grâce à lui que je me suis vraiment dirigé dans le travail du bois. »
Valambre n’est pas juste une marque, c’est une histoire humaine.
Du bac pro menuiserie à la création de Valambre : le parcours d’un artisan normand autodidacte
Ne cherchez pas un parcours linéaire chez Ambroise Courant : il n’y en a pas, et c’est précisément ce qui le rend inspirant. Après une formation en ébénisterie en alternance et un bac pro technique menuisier-agenceur, il enchaîne les expériences.
« À la suite de mon alternance, j’ai eu plusieurs expériences professionnelles. J’ai fait de la menuiserie, après j’ai fait aussi commercial dans la vente de fenêtres, portes, portails, mais cela n’était pas fait pour moi. »
Il poursuit son parcours en intégrant Comwest, une entreprise de signalétique spécialisée dans les enseignes lumineuses et le covering de véhicules. Ce sera son dernier emploi avant de sauter le pas.
Chaque étape lui apporte quelque chose. La technique, le sens du détail, la compréhension du client, la rigueur. Sans le savoir, il construit la boîte à outils qui lui permettra de lancer Valambre.
Se lancer en micro-entreprise dans l’Eure
Alors, qu’est-ce qui fait basculer quelqu’un du salariat vers l’aventure entrepreneuriale ? Pour Ambroise Courant, la réponse est claire et sans détour.
« J’en avais marre du salariat, de ne pas décider de ce que je faisais de mes journées, des chantiers, de ne pas prendre de décisions. J’aime bien être autonome et j’ai toujours aimé mener à bien mes propres projets. »
Il ne s’est pas lancé dans le vide pour autant.
« Globalement, quelques années avant, j’avais déjà commencé à me fabriquer des objets comme une table basse, je mettais un petit peu le pied à l’étrier. »
Une façon de tester, d’apprivoiser le geste avant d’en faire un métier. Une approche pragmatique qui lui a permis de se rassurer et d’oser se lancer dans cette aventure.
Entreprendre en Normandie : les obstacles d’un créateur normand qui se lance
Se lancer, c’est bien. Mais ce serait mentir que de dire que tout a été simple pour cet artisan normand.
« Mon gros problème c’est que j’ai eu des difficultés scolaires, donc ça ne m’a pas forcément aidé. Entre la confiance en moi et le fait de se lancer, franchir le pas notamment pour le côté administratif, cela m’a fait peur. »
L’administratif, justement, c’était la grande montagne. Mais il a la parade : bien s’entourer.
« C’est un copain qui m’aide pour faire mes déclarations d’impôts par exemple. Tout le lancement de l’entreprise, c’était compliqué pour moi, donc ce sont des copains qui m’aident, ma sœur et maintenant ma copine qui me rejoint petit à petit. »
Autre difficulté rencontrée par Ambroise, c’est la pression financière, bien réelle, quand on se lance.
« Les mois passent vite et entre les machines que j’ai dû payer depuis le début qui étaient quand même de gros investissements et les stocks de matières premières pour lancer la production, c’est une charge qui est quotidienne et qu’il faut gérer. »
Un constat franc qui souligne l’intérêt d’anticiper le financement du lancement de son activité.
Bois normand et résine époxy : le savoir-faire unique de Valambre dans l’Eure
Avec Valambre, Ambroise Courant, artisan normand, propose des pièces haut de gamme qui mêlent le bois, principalement sourcé en Normandie et de la résine époxy. Cette technique, il l’a maîtrisée lors d’une formation intensive.
« J’ai fait une formation il y a 2-3 ans. Je suis parti une semaine à Avignon pour me former chez un artisan qui faisait beaucoup de tables en résine époxy. »
Se définissant lui-même comme minutieux, il est attaché à la base artistique autant qu’au côté technique. Ambroise a une approche bien à lui.
« Mon idée au début c’était de commencer par des petits objets, tout ce qui est planche apéro, vases, lampes, des petites tables pour commencer à bien maîtriser mes nouvelles machines, mes produits. »
Ce qui l’anime profondément ? Le moment où l’idée prend vie.
« D’un bout de papier, je peux essayer de dessiner quelque chose et savoir que ça prend vie à la suite, ça c’est ce que j’adore, parce que tout ce que je fais c’est mon inspiration. C’est plaisant à la fin de voir le produit fini. Il y a plein de moments où je passe par des erreurs, je recommence, je réessaye. C’est ça qui est cool. »
Cibles de fléchettes personnalisées, les influenceurs séduits par Valambre
Si un produit illustre parfaitement le flair entrepreneurial d’Ambroise Courant, c’est bien la cible de fléchettes. L’histoire commence bien avant Valambre.
« Il y a plus de 5 ans, j’avais déjà fait ma première cible pour la maison, dans l’idée de protéger le mur. »
Un objet utilitaire au départ, pas vraiment pensé comme un produit commercial. Puis, il y a environ un an et demi, il s’est remis à en fabriquer avec une ambition différente.
« J’en avais refait 6 mais là je m’étais dit de faire quelque chose de plus, essayer de créer un décor, des couleurs, des motifs. »
Le timing était parfait : les fléchettes connaissaient alors un véritable engouement national, notamment grâce à l’influenceur LeBouseuh et à son grand tournoi médiatisé.
« Grâce à mon frère, qui pratique le Esport à haut niveau, qui connaissait bien LeBouseuh, j’ai eu son contact. Il a adoré le produit et m’a ensuite recommandé à d’autres influenceurs comme Michou ou Valouzz. Avec la visibilité que cela m’a donné, j’ai commencé à en refaire pas mal et de fil en aiguille, le produit est devenu l’un des plus vendus de mon catalogue. »
Voilà un bel exemple de ce qu’on appelle saisir une opportunité : un produit maîtrisé, un marché en pleine explosion, un réseau activé au bon moment.
Vendre ses créations artisanales en Normandie : les leçons d’un créateur normand sur le terrain
Créer de beaux produits, c’est une chose. Les vendre en est une autre. Ambroise Courant en a rapidement fait l’expérience. Les marchés de village, testés avec enthousiasme au début, se sont révélés inadaptés à sa clientèle.
« J’ai déjà fait des marchés dans des villages ou des marchés de Noël mais je n’en referai pas parce que ça ne marche pas du tout. La cible n’est pas adaptée à mes produits. »
Ce retour d’expérience lui permet d’ajuster ses participations à des événements et il mise dorénavant sur d’autres types d’événements. C’est cette logique qui l’a conduit au Barbecue Festival, place qu’il a obtenue grâce à la vente réalisée à Valouzz.
« Le festival voulait un stand de fléchettes pour faire jouer des gens qui participaient au festival et du coup ils m’ont demandé si je pouvais le gérer, et en échange il me proposait aussi d’exposer mes créations. »
Marketing et communication pour un artisan normand
On ne peut pas parler de Valambre sans évoquer la compagne d’Ambroise Courant. Titulaire d’un master en marketing et communication, elle a progressivement quitté son emploi pour rejoindre l’aventure.
« Elle a créé le site internet et elle a refait aussi les flyers, les cartes de visite et les réseaux sociaux, les vidéos, tout ça. »
Cette complémentarité entre les deux est un vrai atout. Ambroise crée, elle l’aide à communiquer. Il sculpte le bois, elle sculpte l’image de marque. La question de la structuration juridique de leur collaboration est déjà sur la table. Leçon entrepreneuriale à retenir : le bon entourage peut changer la donne et parfois, il dort à côté de vous.
Et à ceux qui douteraient, qui hésiteraient encore à franchir le pas, Ambroise témoigne.
« Il faut y croire et aller au bout des choses. Malgré les lacunes que j’avais, je croyais depuis le début à mon projet même s’il y a des personnes qui m’ont dit au début « À qui tu vas vendre ça, c’est compliqué avec le pouvoir d’achat en ce moment… ». »
Suivre Valambre et Ambroise Courant
Vous voulez suivre l’aventure Valambre et ne rien rater des nouvelles créations d’Ambroise Courant, artisan normand et créateur normand installé dans l’Eure ? Retrouvez-le sur son site internet, son compte Instagram, TikTok, Facebook et LinkedIn pour les coulisses de l’atelier, les nouveautés et les prochains événements. Et si vous croisez une cible de fléchettes qui en jette sur les réseaux, il y a de fortes chances qu’elle soit sortie de ses mains.
L’histoire d’Ambroise Courant et de Valambre vous inspire ? Vous avez un projet entrepreneurial, artistique, sportif ou associatif qui ne demande qu’à éclore ? Vous n’êtes pas seul.
La Caisse d’Epargne Normandie accompagne les jeunes de la région qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Financement, conseils, mise en réseau : parce que les plus belles histoires normandes méritent d’être soutenues dès le départ, la Caisse d’Epargne Normandie est là pour vous aider à transformer votre idée en projet concret.



