Partons à la rencontre de Fleur Minuit, le projet musical hypnotique porté par Camille De Wit, une artiste originaire de Rouen. Entre sa carrière de graphiste freelance et sa passion dévorante pour la musique, Camille trace une voie unique, pleine de poésie et d’ambition. Vous l’avez peut-être déjà croisée sur une scène locale ou vue sur les réseaux, mais qui se cache vraiment derrière cette voix douce et cet univers onirique ? Nous avons discuté avec elle de son parcours, de ses défis et de ses rêves. Une rencontre inspirante pour tous les jeunes créatifs de Normandie qui hésitent encore à se lancer.

Du conservatoire de Rouen aux scènes parisiennes : itinéraire d’une artiste plurielle
Chez Camille, la musique est une histoire de famille. Biberonnée aux mélodies dès son plus jeune âge, elle suit un chemin qui semble tout tracé, mais qu’elle va rapidement s’approprier pour créer son propre univers.
« J’ai commencé la musique très jeune avec ma mère parce qu’elle était prof de musique. J’ai commencé à l’âge de 8 ans par le violoncelle, je suis allée au conservatoire de Rouen dans un premier temps. »
Mais c’est à l’adolescence que le véritable déclic créatif a lieu. Exit le violoncelle, place à la guitare et à l’écriture. Vers 14 ans, elle gratte ses premiers accords et, deux ans plus tard, couche ses premiers textes sur papier. Un besoin d’expression qui ne la quittera plus.
Son parcours la mène ensuite à Paris, non pas pour la musique, mais pour des études de graphisme dans les écoles Cifacom et Studio Créa, où elle décroche un master en design graphique. C’est durant cette période, entre 20 et 22 ans, qu’elle fait une rencontre déterminante : le studio « Moins C’est Plus », avec qui elle enregistre sa toute première chanson, la lançant officiellement.
Camille De Wit : une normande à l’univers onirique inspiré par la pop française
Après Paris, Camille De Wit revient à Rouen, sa ville de cœur, pour lancer son auto-entreprise de graphisme. Mais la musique reste centrale. C’est là que naît véritablement le projet Fleur Minuit. Un nom poétique et évocateur, qui n’a rien d’un hasard.
« Mon deuxième prénom, c’est Fleur. J’avais donc envie de rajouter quelque chose derrière qui raconte plein de choses sur mon univers. Un côté très onirique, le monde des rêves aussi. Et minuit, c’est l’entre-deux entre le jour et la nuit, donc entre le monde de la réalité et celui des rêves. »
Son univers musical puise ses racines dans la nouvelle scène pop française. Elle cite avec admiration des artistes comme Chien Noir, Oscar Anton, Nuit Incolore, Pomme ou encore Videoclub. Son style ? Des textes qui parlent de la vie, des émotions universelles, le tout enveloppé d’une intention résolument optimiste.
« J’essaie de garder en tête des choses qui peuvent parler aux personnes qui m’écoutent, le tout en ayant toujours une intention de conclusion positive dans mes chansons pour donner de l’espoir aux gens. »
Mais ses inspirations ne s’arrêtent pas à la musique. Son œil de graphiste et de directrice artistique se nourrit aussi du cinéma de Wes Anderson, du graphisme de Pierre Jeanneau, des illustrations colorées de Brecht Evens et de l’univers pictural puissant de Frida Kahlo ou encore celui de l’artiste Dugudus. Un mélange riche qui donne à Fleur Minuit une identité visuelle et sonore unique.
L’entrepreneuriat au service de l’art : graphiste le jour, musicienne la nuit
Comment concilier une carrière de graphiste en freelance et un projet musical en pleine expansion ? C’est le défi quotidien de Camille, qui a su transformer son activité professionnelle en un véritable atout pour son art.
« C’est vachement utile parce que maintenant, avec les réseaux sociaux, c’est vrai que l’image c’est 50 % et la musique les 50 % restants. C’est utile de pouvoir faire ses propres pochettes et supports commerciaux. Disons que ça apporte tout de suite un univers plus personnel. »
De la direction artistique de son projet à la création de ses propres visuels, Camille est sur tous les fronts. Une autonomie qui lui permet de contrôler son image de A à Z. Côté administratif, elle a trouvé une solution simple et efficace pour gérer sa double casquette, un conseil précieux pour d’autres jeunes entrepreneurs : elle a ajouté un second statut à sa micro-entreprise.
« J’ai pu créer un double statut à partir de mon activité de base : art du spectacle et graphisme. C’est une astuce qui m’a évité de monter une association dans un premier temps et qui m’offre une flexibilité indispensable. »
Cette double vie est un choix qui lui apporte une sécurité financière et une liberté créative.
« Le fait d’avoir toujours gardé mon métier de graphiste, c’est aussi ma sécurité. Le reste du temps est consacré à la répétition, à l’écriture et à l’apprentissage des logiciels de production musicale pour devenir toujours plus autonome. »
Les défis pour se lancer dans la musique en Normandie
Se lancer dans la musique n’est pas un long fleuve tranquille. Camille a dû faire face à des défis de taille, notamment sur scène. L’un des plus marquants ? Une difficulté médicale directement liée au stress et à l’exposition sonore.
« Je pense que la chose la plus compliquée qui me soit arrivée, c’était de découvrir pendant un concert que je faisais de l’hyperacousie. Il m’est arrivé d’avoir des pertes auditives en plein concert pendant que j’étais en train de chanter. J’ai appris à gérer mon stress pour que ça se reproduise beaucoup moins. »
Un obstacle intimidant mais qu’elle a appris à surmonter. C’est aussi grâce à ces expériences qu’elle peut aujourd’hui partager des conseils avisés. Quand on lui demande quelle est l’erreur de débutante qu’elle a déjà faite, elle répond sans concession.
« J’ai voulu commencer l’enregistrement de trop de chansons à la fois avec un studio. Cela représente un budget conséquent. C’est bien de commencer peut-être par sortir un single au début, mais pas de vouloir sortir un EP d’un coup. »
Et maintenant ? Un EP, des festivals et un accompagnement prometteur
Aujourd’hui, Fleur Minuit n’est plus un projet solitaire. Accompagnée par l’association rouennaise « Ça Sonne Terrible », Camille a été rejointe par un guitariste et un bassiste/ingénieur du son. Une équipe solide pour porter ses ambitions.
Et l’avenir s’annonce radieux. Un EP de cinq titres est sur le point de voir le jour, prévu pour juin 2026. Pour le défendre, Camille a de grands projets.
« Je vais essayer de candidater à des festivals de différentes tailles pour présenter mon projet et aller à la rencontre du public. »
La grande nouvelle, c’est aussi sa sélection pour un accompagnement « START&GO »par la structure Normandie Musiques Actuelles. Une reconnaissance qui va lui ouvrir les portes d’un réseau professionnel de la musique en Normandie et lui apporter un soutien sur mesure pour son positionnement artistique et les aspects administratifs.
Pour les jeunes qui rêvent de suivre ses traces, son conseil est simple :
« D’y aller sereinement, de rester soi-même et de ne pas forcément essayer de regarder en permanence les autres, de ne pas essayer de se comparer. Je conseille de ne pas trop écouter les critiques, sauf celles, constructives, provenant de professionnels de la musique. »
Pour suivre Fleur Minuit
L’univers de Fleur Minuit vous a séduit ? Ne manquez pas ses actualités et ses prochaines dates de concert à Rouen et ailleurs en Normandie sur son compte Instagram ou sa page Facebook. Retrouvez également sa chaîne YouTube ou son compte Spotify pour écouter ses morceaux.
Le parcours de Camille De Wit montre que l’on peut développer un projet ambitieux en restant en Normandie. Si comme elle, vous avez une idée qui vous trotte dans la tête, sachez que des aides existent. Des structures comme la Caisse d’Epargne Normandie accompagnent les jeunes porteurs de projets, qu’ils soient artistiques, sportifs ou entrepreneuriaux, en proposant des solutions adaptées pour franchir les premières étapes. Alors, pourquoi pas vous ?



