Il est créateur de skateparks – Léo Bréchet

Associé à Julien Bouvier et Pierre Jambé, Léo Bréchet aka « LaBrèche » a co-fondé Antidote Skateparks à Bayeux, près de Caen. Aujourd’hui, il invente et conçoit des skateparks en France et même au-delà. Créée en 2018, son entreprise est une coopérative de salariés qui développe un travail collaboratif et une technique d’artisanat reflétant la passion pour la pratique des sports de glisse urbaine. De sa formation à son lancement dans la vie entrepreneuriale, découvrez son parcours inspirant.

Léo Brechet - Audacieux Normands
© Léo Brechet

Du statut d’étudiant à associé

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

L.B : Moi c’est Léo, j’ai 27 ans. Je travaille pour le projet Antidote Skateparks depuis 2017 et la création de la société est effective depuis mars 2018. Après avoir réalisé un BTS Aménagements Paysagers, j’ai poursuivi avec une Licence Aménagement et Création de Terrains de Sport à l’école LEA-CFI à Jouy en Josas (78). Cette formation m’a permis d’apprendre à chiffrer un chantier, appréhender la technicité des matériaux mais également d’acquérir des compétences de géomètre et de conducteur de travaux.

Comment vous êtes-vous lancé dans ce projet ? Quel a été votre déclic ?

L.B : Originaire du département de l’Essonne, j’ai eu la chance d’être consulté en tant que pratiquant au projet de skatepark dans ma commune. C’est dans ce contexte que j’ai fait la rencontre de Julien Bouvier qui était l’entrepreneur en charge du projet. Nous avons beaucoup échangé et il m’a fait découvrir son métier. C’est à ce moment-là que l’idée de vivre de ma passion a fait son bout de chemin. J’ai poursuivi mes études mais je suis resté en contact avec lui.

À cette époque, j’avais plutôt en tête de finir mes études, de voyager à l’étranger et de travailler un peu avant de me lancer dans l’entreprenariat. Lors de mon année de Licence Professionnelle, mon apprentissage chez Art Dan (entreprise d’aménagement de terrain de sports), m’a appris beaucoup grâce à mes expériences sur le terrain. Cela m’a conforté dans mon choix d’être sur les chantiers plus que dans un bureau.

Et puis, Julien m’a recontacté en me proposant un projet. Avec Pierre Jambé, entrepreneur belge, il me proposait de rejoindre l’aventure. Le projet était de fusionner 2 entreprises existantes pour en créer une nouvelle. Ce ne fut pas évident, car d’un côté j’avais envie de continuer de faire mes armes dans ce métier et d’un autre, l’aventure ressemblait de près à mes rêves. Je me suis longtemps posé la question : est-ce que je dois saisir cette opportunité ? La réponse a été oui.

« Quand il a fallu faire des choix professionnels, mes proches m’ont toujours dirigé vers l’idée de faire ce que j’aime » 

Quelles valeurs animent ce projet ?

L.B : J’ai tout de suite beaucoup aimé le côté coopératif du projet. Notre entreprise a le statut de SCOP (société coopérative et participative). Cela permet d’avoir de l’horizontalité dans les prises de décisions. Il n’y a pas de statut ou de niveau hiérarchique qui nous différencie. Que tu aies 25 ans comme moi ou 50 ans comme Pierre, chacun a sa part de responsabilité et il doit apporter sa contribution à l’entreprise.

Depuis sa création, nous sommes passés de 3 à 7 associés. La notion d’équipe me plaît beaucoup. L’instance de décision est en évolution permanente et chacun participe à la vie de l’entreprise.

On est une petite entreprise. Dans notre activité, nous aimons le fait maison, c’est notre singularité. J’aime ce côté artisanat qui fait la philosophie de notre boîte. Nous sommes des constructeurs-skateurs. Tout le monde est pratiquant et passionné.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre projet ? Comment avez-vous réussi à les dépasser ?

L.B : Quand on a monté la boîte, je sortais tout juste de mes études. La charge de travail a été énorme. Avec le télétravail, c’était nouveau pour moi de me retrouver seul chez moi, en autonomie. Cela a été un sacré saut. Je me suis retrouvé seul devant un ordinateur, à répondre à des appels d’offres, sans que grand chose soit concret.

À ce moment-là, je me suis posé beaucoup de questions. Est-ce que j’avais pris la bonne décision ? Est-ce que je méritais d’être là ?

J’ai eu un petit coup de déprime. Mes associés l’ont compris, ils m’ont laissé du temps pour m’adapter. Ils ne m’ont pas lâché et cela m’a beaucoup aidé. Avec leurs expériences, ils ont su m’écouter et me mettre en confiance.

Un premier projet concret est arrivé et cela m’a lancé.

Quelles personnes ont influencé votre parcours ?

L.B : Julien Bouvier qui m’a fait découvrir ce métier. Moi qui me dirigeais vers la création dans le végétal (comme des terrains de golf), je me suis dit à ce moment que je pourrais allier ma passion pour le skate à mon métier. Il y a également ma famille bien sûr. Quand il a fallu faire des choix professionnels, mes proches m’ont toujours dirigé vers l’idée de faire ce que j’aime.

Aujourd’hui, comment se passent vos journées ?

L.B : Les journées ne sont jamais les mêmes. J’ai plusieurs casquettes. Je fais du travail de bureau en répondant à des appels d’offres, en réalisant des chiffrages de projets ou en créant des designs de skateparks. Je m’occupe également d’une partie des réseaux sociaux de l’entreprise.

Le reste de mon temps est organisé par ma mission de conducteur de travaux. J’y assure le suivi des chantiers, la responsabilité des équipes, les relations de travail avec des artisans indépendants. Je représente l’entreprise sur le chantier, notamment pendant les réunions.

” Je vis pour travailler et je ne travaille pas pour vivre “

Quelle a été votre plus grosse réussite ?

L.B : Antidote Skateparks dans sa globalité.  Mais si je devais choisir un projet dont je suis fier, un qui m’a marqué, c’est celui dans le village du Foeil en Bretagne. Construit entre l’église et le cimetière, c’était une commande originale et la ville n’avait pas vraiment d’attentes. Elle nous a laissé carte blanche, c’est le genre de projet que l’on aime le plus ! En tant que pratiquant, c’est celui qui me fait le plus envie.

Avez-vous un secret ? Quel est votre leitmotiv ou une citation qui vous inspire ?

L.B : Quand on a lancé la société, notre slogan était : ensemble on designe, ensemble on construit. Cela symbolise bien la dimension collaborative et collective de notre entreprise.

Quelle est votre définition de l’audace ?

L.B : L’audace, c’est de réussir à se lancer dans ce que l’on veut entreprendre. Il est important de se faire son propre avis et parfois de s’inspirer des autres avant de se lancer.

Quels sont vos prochains projets ? Comment vous voyez-vous dans les prochaines années ?

L.B : Je ne fais jamais trop de plans sur l’avenir car peut-être que demain j’aurais envie d’autre chose. Je vois notre entreprise qui évolue et qui permet de continuer à se faire plaisir dans ce que l’on fait.

La difficulté qui s’annonce est l’arrivée du skateboard comme sport olympique. J’imagine que les demandes des clients vont sûrement être plus normées. Pour les compétitions internationales, il y a beaucoup de normes et cela risque d’enlever de la créativité et de l’unicité dans nos productions.

Aura-t-on l’audace de dire « non » et de garder notre philosophie actuelle ?  C’est le collectif qui choisira.

Un conseil pour les audacieux normands ?

L.B : Faire ce qui vous plaît et surtout essayer. Il n’y a rien de figé dans la vie. Quand on achète une maison, on n’est pas sûr de vivre toute sa vie dedans. C’est pareil pour son job. J’aime bien dire que ce n’est pas forcément une question d’études. La notion de plaisir est importante, je vis pour travailler et je ne travaille pas pour vivre.


La Caisse d’Epargne Normandie soutient l’économie normande en accompagnant de nombreux professionnels dans leur activité comme Antidote Skateparks. Elle propose un éventail de solutions, qu’il s’agisse de réaliser des projets immobiliers, de renouveler du matériel ou de financer de nouveaux projets. À tous les moments-clés du développement de l’entreprise, la Caisse d’Epargne Normandie conseille en prenant en compte l’ensemble des paramètres, qu’ils soient personnels ou professionnels.

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