À un âge où beaucoup hésitent encore sur leur orientation, Lucie Paturel a déjà posé plusieurs cartes sur la table : vice-championne d’Europe de cross-country U20, étudiante en STAPS, licenciée au Stade Sottevillais et fière représentante de la Normandie.
Dans cet article, nous plongeons dans le parcours de Lucie Paturel, son univers, ses doutes, ses projets, et surtout ses conseils pour les jeunes Normands et Normandes qui rêvent de se lancer dans un projet sportif de haut niveau.

Lucie Paturel, étudiante et athlète de haut niveau
Derrière le parcours de Lucie se cache une belle histoire normande. Sportive depuis petite, elle enchaîne les sports, se lassant rapidement. Elle découvre la course au collège, presque par hasard, via les cross.
« J’ai commencé à vouloir faire de l’athlé, c’était parce qu’en fait avec les cross de collège, j’en avais marre de finir 2e derrière une copine. Je me suis dit qu’il fallait que je m’entraîne pour progresser. Ma maman m’a inscrite à 14 ans au club d’Oissel. Je ne faisais pas de grosses perfs mais j’étais contente de moi et j’aimais bien courir, donc je me suis dit qu’il fallait continuer et essayer de s’améliorer. »
Dans son club, les infrastructures sont limitées et les athlètes sont orientés très souvent vers des entraînements de demi-fond, ce qui n’est pas pour déplaire à Lucie.
Arrivée au lycée, son parcours s’accélère en intégrant la section sportive à Val-de-Reuil. Elle s’entraîne 4 fois par semaine et profite d’infrastructures de qualité. Après une année, elle rejoint le Stade Sottevillais 76, club de Sotteville-lès-Rouen, et intègre un lycée à proximité.
« Depuis que je suis à Sotteville, j’ai nettement progressé. Je m’entraîne 7 à 8 fois par semaine. Je suis bien accompagnée et je m’entraîne aux côtés d’autres athlètes de haut niveau. »
Aujourd’hui étudiante en STAPS à l’Université de Rouen, Lucie peut aménager son emploi du temps grâce à son statut de sportive de haut niveau. Son podium européen lui a permis d’être inscrite sur les listes ministérielles, lui donnant ce statut adapté à son nouveau rythme.
Un parcours express vers le haut niveau européen
En quelques années, Lucie Paturel passe du cross de collège à un podium européen. Cette spécialiste du demi-fond et du cross-country a vu sa carrière prendre une dimension internationale en 2025 : une première sélection en équipe de France de cross U20, un titre de vice-championne d’Europe U20 de cross-country, et il y a peu un titre de vice-championne de France U23 de cross.
« Le podium de vice-championne d’Europe, c’est mon premier vrai podium, je n’avais jamais fait de podium national avant. Pour moi c’est totalement une surprise. Cela n’a pas changé grand chose dans ma personnalité. Je suis toujours restée la même. La seule chose qui est différente, c’est que j’essaye de me dire : bon, quand tu arrives sur une compétition, essaye d’être confiante en toi en te disant : tu as déjà réussi à faire vice-championne d’Europe, t’as tes armes, tu peux vraiment concourir. »
Un mental taillé pour le cross : discipline, épanouissement et « kiff »
Ce qui ressort le plus dans le discours de Lucie Paturel, c’est l’importance du mental dans sa discipline. Pour elle, le demi-fond et le cross-country sont d’abord des sports de tête.
« Ce qui est important, ce sont la discipline et la détermination. Le demi-fond est un sport qui majoritairement mental plutôt que physique. On abandonne une course le plus souvent parce que c’est le mental qui a abandonné avant le corps. Le corps, tu peux le pousser tellement loin. »
Au-delà de la performance, la course est pour elle une façon de s’exprimer, presque une forme d’art personnel. Avec beaucoup de sacrifices pour être une sportive de haut niveau, Lucie n’en garde que le positif.
« Je dirais que je fais tout cela car cela m’épanouit. J’ai toujours été quelqu’un qui a fait beaucoup de sport depuis toute petite. Pour moi c’est vraiment une manière de s’exprimer. Je trouve que ça permet aussi de prendre conscience de ses capacités et de développer la confiance en soi. »
Ce plaisir, elle l’a ressenti lors de sa première sélection en équipe de France. Mettant de côté une pression qui aurait pu être négative, elle a su la transformer en source de motivation.
« Franchement, c’était trop plaisant, c’était trop beau en fait. Je me suis dit : faut juste que je kiffe mon instant présent. En compétition, je me mets dans ma bulle. Quand ma routine s’est bien passée, je me dis que la compétition va bien se passer aussi. »
Le quotidien d’un double projet : cours, stade et dodo
Elle est aujourd’hui en deuxième année de STAPS, filière éducation et motricité, avec un objectif clair depuis longtemps.
« Depuis que je suis en primaire, j’ai envie de devenir prof d’EPS. »
Mais le contexte dans l’Éducation nationale la fait douter. Pour autant, elle n’est pas fermée à d’autres options : l’entraînement sportif ou une éventuelle carrière pro si son niveau continue d’évoluer positivement. La vie d’une athlète de cross-country de 20 ans à Sotteville-lès-Rouen, ce n’est pas que des podiums, c’est aussi un quotidien décrit par Lucie avec honnêteté.
« On va dire que majoritairement c’est un rythme quotidien : aller en cours, entraînement, on dort et c’est tout. »
Entre l’université, les séances au Stade Sottevillais, les déplacements en compétitions et le travail personnel, le temps libre est rare. Mais elle garde quand même des moments pour souffler, voir des amis et se divertir.
Se fixer des objectifs sportifs à court et moyen terme
Lucie fonctionne par saisons sportives, avec un horizon à court et moyen terme. Elle laisse son coach garder la vision très long terme, mais elle sait où elle veut aller dans les prochains mois. Pour l’été, ses objectifs sont clairs.
« Je vais faire ce qu’il faut pour me qualifier et performer aux Championnats de France U23 et tenter de me qualifier pour les Championnats de France élite. Par ailleurs, je vais travailler sur 1 500 m pour améliorer mes débuts de course. Et puis, pourquoi pas commencer à découvrir le 5 000 m. »
Comme beaucoup de jeunes athlètes, elle rêve de se professionnaliser.
« Si je peux me professionnaliser dans le sport, je le ferai, franchement. Comme tout sportif, quand on commence à arriver un peu dans le haut niveau, on se dit : pourquoi pas moi ? On sait tous qu’une carrière sportive, allez, c’est pas éternel donc il faut penser à l’après. On n’est pas à l’abri d’une blessure qui nous empêche de courir pendant un long moment et que tous les sponsors ou tout ce qui nous permet de vivre, bah tout s’arrête. »
D’où l’importance pour elle de poursuivre ses études, de construire un double projet solide, et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
Bien s’entourer pour se lancer
Au-delà de son propre parcours, Lucie Paturel a quelques messages très clairs pour les jeunes de 18–30 ans en Normandie qui veulent se lancer dans un projet, quel qu’il soit. Son premier conseil tient en une phrase.
« Rien n’est impossible et à partir du moment où on y croit, tout est possible. Faut juste après savoir mettre en place ce qu’il faut faire pour avoir ce qu’on veut. C’est juste avoir de la détermination et avoir de l’ambition. Faut pas avoir peur de faire des choix parfois pour obtenir ce qu’on veut. »
Changer de club, de ville, de formation, réduire certaines sorties pour investir sur son projet… ce sont des arbitrages qu’elle connaît bien. Lucie insiste aussi sur les pièges à éviter, notamment pour les jeunes sportifs mais, par extension, pour tous les jeunes qui ont des projets ambitieux.
« Souvent on a tendance à vouloir trop en faire et c’est mauvais. »
Elle parle de surentraînement, de blessures « bêtes », mais aussi des questions d’alimentation et de contrôle excessif, ce qui révèle un point important : bien s’entourer pour avancer dans la bonne direction.
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L’histoire de Lucie Paturel montre qu’on peut partir d’un simple cross de collège et, en quelques années, se retrouver vice-championne d’Europe, tout en restant ancrée dans sa région et en construisant un double projet solide.
En Normandie, vous n’êtes pas seuls pour vous lancer. Des acteurs comme la Caisse d’Epargne Normandie accompagnent les jeunes qui ont des idées et l’envie de les transformer en projets concrets : conseils, solutions de financement, outils pour structurer votre démarche, mise en relation avec des partenaires du territoire.



