Il est arbitre international de hockey sur glace – Pierre Dehaen

Ancien hockeyeur du club de Boulogne-Billancourt et d’Asnières, Pierre Dehaen s’est pleinement consacré à l’arbitrage. Sélectionné pour arbitrer la finale de Ligue Magnus en France ou encore les derniers championnats du monde Elite, Pierre poursuit également une carrière professionnelle au sein du Comité Régional Olympique et Sportif Normandie. Normand d’adoption, il n’a pas hésité à se rendre au Canada pour appréhender ce sport et son arbitrage. Découvrez son parcours inspirant, de sa découverte du hockey sur glace à ses premières sélections pour des compétitions internationales.

Pierre Dehaen - Audacieux Normands
© Pierre Dehaen

De Rouen au championnat du Monde

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

P.D. : Bonjour, je suis en charge de la communication et de l’événementiel au Comité Régional Olympique et Sportif Normandie et je suis également arbitre de haut niveau en hockey sur glace.

Comment vous êtes-vous lancé dans ce projet ? Quel a été votre déclic ?

P.D. : Je suis originaire de la région parisienne. Petit, j’ai fait du foot, du judo et de l’escrime. J’ai découvert le hockey sur glace en 1992 par hasard en regardant à la télévision les Jeux Olympiques d’Albertville. Je suis tombé amoureux de cette discipline sportive. J’ai demandé à ma maman si je pouvais en faire et elle m’a offert cette possibilité en m’inscrivant au club de Boulogne-Billancourt (ACBB). J’ai gravi les étapes pour atteindre la troisième division nationale avec mon club formateur puis la seconde avec le club d’Asnières. Alors étudiant en STAPS à Paris X Nanterre, j’ai pu toucher du doigt le haut niveau avec des entraînements tous les jours et des déplacements dans toute la France.

À un moment, j’ai eu quelques blessures et puis je pensais à mon avenir. J’ai toujours un peu arbitré. J’ai eu la chance d’être détecté comme potentiel “Arbitre national”. On m’a demandé si cela me tentait d’améliorer mes connaissances. À partir de ce moment-là, je me suis investi totalement dans l’arbitrage.

Cela a été facile d’atteindre le haut-niveau ?

P.D. : Cela réclame un investissement total. J’ai eu la chance de recevoir de nombreux conseils. Que ce soit en tant que pratiquant ou arbitre, on fonctionne de la même manière. On se fixe des objectifs. Le mien, au niveau de l’arbitrage, c’était d’évoluer en Ligue Magnus (première division nationale française). J’ai dû beaucoup travailler et me remettre en cause pour y arriver.

Une fois arbitre assistant (juge de lignes) en Ligue Magnus, j’ai eu l’idée de contacter la Fédération canadienne de Hockey pour leur proposer mes services. Avec le soutien indispensable de mes proches, je me suis lancé et je suis parti un an au Québec. Ce fut exceptionnel car le hockey est le sport numéro un là-bas. J’ai arbitré environ 250 matches de jeunes en une année. Cela a été très formateur et très enrichissant d’un point de vue humain. J’y ai découvert une autre manière de penser et d’aborder l’arbitrage. J’ai aussi eu la chance de voyager dans tout le pays grâce à ma passion. Notamment, j’ai eu l’honneur d’officier lors de tournois dans des réserves indiennes. J’ai gardé beaucoup de contacts de cette époque.

À l’issue de cette saison, j’ai fait part de ma réflexion à l’un des responsables des arbitres en France et il m’a proposé de revenir en France afin de retrouver la Ligue Magnus et en plus de m’inscrire comme arbitre international. Ce statut m’a alors donné la possibilité de participer à mes premières rencontres internationales.

De retour en France, cela m’a offert une véritable possibilité de progresser. D’ailleurs, ma première sélection sur une compétition internationale n’était pas du tout prévue. Un arbitre a dû déclarer forfait au dernier moment. On m’a appelé pour le remplacer en m’indiquant que j’avais une heure pour me rendre à la patinoire de Rouen et y officier lors de la finale de Coupe Continentale. Ce soir-là, il y avait le patron des arbitres internationaux et ma prestation lui a vraisemblablement bien plu.

Pierre Dehaen « Je suis le premier arbitre français à réaliser cela » 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre projet ? Comment avez-vous réussi à les dépasser ?

P.D. : Par la suite j’ai fait mon petit bout de chemin jusqu’à ma sélection pour être juge de lignes à de multiples Championnats du Monde Elite. À la suite de cela, j’ai été présélectionné pour un stage de préparation aux Jeux de Sotchi. Malheureusement, une dizaine de jours avant le potentiel départ, j’ai appris par courriel que je n’avais pas été retenu. Ce fut une grosse déception de louper cet événement sportif majeur. Pour ne pas me démotiver, j’ai décidé de passer arbitre principal. Pour cela, il me fallait repartir en troisième division française. J’avais envie de repartir sur un cycle. Puis, étape par étape, j’ai réussi à gagner ma place en Ligue Magnus et à officier de nouveau lors de compétitions internationales.

Quelle a été votre plus grosse réussite ?

P.D. : À l’heure actuelle, c’est ma participation en tant qu’arbitre principal au Championnat du Monde Elite en Finlande en 2022. Au-delà de ma satisfaction personnelle, ce fut historique pour ma fédération. Je suis le premier arbitre français à réaliser cela.

Aujourd’hui, comment se passent vos journées ?

P.D. : L’organisation est difficile car je suis inscrit sur une liste arbitre de haut niveau mais je ne suis pas professionnel. Une journée type, c’est un lever à 7h00 suivi d’une journée de travail classique. Je tiens d’ailleurs à remercier chaleureusement mon employeur, le CROS Normandie pour sa confiance et la possibilité qu’il m’offre d’adapter mon emploi du temps à mes déplacements. En saison, je m’entraîne une fois par semaine (course, musculation …) et je dirige 2 à 3 matches par semaine partout en France. Les journées se terminent très souvent à 23h30 puis je dois rentrer ensuite à la maison ou dormir à l’hôtel si le déplacement est trop loin de la Normandie. Je milite beaucoup pour que notre fonction se professionnalise.

Quelles personnes vous inspirent ?

P.D. : En France, je pense naturellement à Jean-Christophe Benoist et Eric Malletroit qui m’ont beaucoup soutenu. Les personnes qui m’ont inspiré en tant qu’arbitre, c’est Jimmy Bergamelli, Eric Bouguain et Sylvain Lozier. J’ai rencontré ce dernier au Canada. C’est un arbitre de référence qui m’a pris sous son aile lors de mon expérience canadienne et avec qui j’échange encore aujourd’hui à distance.

Quels sont vos prochains projets ?

P.D. : En premier lieu, j’aimerais connaître à nouveau une saison en France avec la possibilité d’arbitrer la Finale de Coupe de France ou des matches de la finale de la Ligue Magnus. Bien sûr, je voudrais continuer à officier sur différentes compétitions européennes ou mondiales et pourquoi pas obtenir une autorisation pour arbitrer ponctuellement dans des championnats étrangers.

Je garde un œil sur les Jeux de Milan en 2026. C’est un rêve mais cela reste très difficile à réaliser. Quoiqu’il arrive je veux continuer d’être un ambassadeur de ma fédération en France et à l’étranger.

Auriez-vous un conseil pour les audacieux normands ?

P.D. : Tout d’abord, Il faut se donner la chance d’essayer. Ensuite, il est indispensable d’écouter les conseils des personnes bienveillantes. Le reste, c’est du travail, du sérieux et de la rigueur.

Il faut faire en sorte de trouver les moyens, les ressources et les précieux soutiens pour se dépasser et repousser ses limites. N’oublions pas qu’en Normandie, nous sommes des conquérants !


Dans le cadre du partenariat entre le Groupe BPCE et les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, la Caisse d’Epargne Normandie met en place des actions de promotion du sport en collaboration avec le Comité Régional Olympique et Sportif de Normandie.

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