Elle est vice-championne du monde junior de saut à la perche – Elise Russis

Elise Russis - Les Audacieux Normands
©World Athletics

Athlète du Stade Sottevillais 76 près de Rouen, Elise Russis est un espoir français du saut à la perche. Vice-championne du monde junior après avoir été triple championne de France cadette, Elise a lancé sa carrière d’athlète de haut niveau. Ses participations au Perche Elite Tour au Kindarena ou encore ses stages en équipe de France sont déjà des souvenirs incroyables pour cette jeune perchiste normande.

Dans ce podcast, Elise Russis revient sur son quotidien entre sport et études, la gestion de son image sur les réseaux sociaux, l’importance de son entourage et ses objectifs pour les prochaines compétitions internationales à venir.

Elise Russis « savoir bien s’entourer »


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Ambroise : Bienvenue dans le podcast des Audacieux Normands par la Caisse d’Epargne Normandie. Notre objectif est simple, vous inspirer, vous donner envie d’entreprendre, bref d’être audacieux. Nous partons à la rencontre des Normandes et Normands au parcours incroyable pour faire découvrir leur passion. Aujourd’hui, je reçois Élise Russis qui est athlète multimédaillée en saut à la perche. Aller Go. Bonjour Élise.

Elise Russis : Bonjour.

Ambroise : Te souviens-tu de tes débuts dans ce sport ?

Elise Russis : Oui, alors j’ai commencé à l’âge de 10 ans, à commencer à m’entraîner avec mon père qui me coache. Mais mes débuts commencent vraiment, presque dès ma naissance, puisque mon père en a fait quand il était jeune et ensuite mes frères en ont fait. Et donc j’ai un peu baigné dedans depuis que je suis petite. C’est un peu une histoire de famille. Donc mes débuts remontent presque avant mes débuts en compétition.

Ambroise : Et à quel moment tout cela devient du sérieux, que le sujet des compétitions arrive notamment ?

Elise Russis : Les compétitions sont arrivées dès que j’ai commencé quand j’étais Benjamine. Mais disons que les vraies compétitions avec des championnats de France, c’est arrivé quand j’étais en cadette. Donc c’est à peu près à l’âge de 14-15 ans si je ne me trompe pas. Et voilà, c’est là où j’ai commencé à faire mes premiers championnats de France. Donc j’ai eu ma première médaille en faisant vice-championne de France l’hiver. Après, championne de France l’été. Et c’est là où j’ai eu ma première sélection aussi en cadette 1 pour le Festival Olympique de la Jeunesse Européenne.

Ambroise : J’imagine qu’une médaille, on n’a pas l’une autre, qu’après on est pris dans cet engrenage très positif de vouloir aller toujours plus fort, plus loin.

Elise Russis : Oui, voilà, c’est ça. Je pense que j’ai toujours eu l’envie de réussir et d’avoir ces médailles parce que j’ai vu mes frères en avoir, j’ai vu mes parents. Et puis voilà. Mais quand on commence, après, je pense qu’on ne peut plus s’arrêter. On veut toujours plus. Et donc, j’espère que ce n’est que le début de mon histoire dans le saut à la perche. Et voilà, j’espère avoir un jour des médailles dans des grands championnats chez les seniors.

Ambroise : Comment décrirais-tu cet environnement familial qui te pousse justement dans cette pratique ? C’est quelque chose d’enivrant. C’est certainement une force aussi, je suppose.

Elise Russis : Oui, oui, oui. Et puis, c’est très bienveillant. Voilà, il n’y a pas de… comment dire, mes parents ne vivent pas à travers moi ce rêve de devenir championne à la perche. Vraiment, ils sont là pour m’aider. J’ai trois grands frères qui sont fiers de ce que je fais et qui sont là pour m’encourager. Mais donc, c’est un environnement très bienveillant et qui m’encourage à donner le meilleur de moi-même. Donc, je pense que je peux les remercier pour m’entourer au quotidien et pour me rappeler aussi que c’est qu’un sport. et qu’il faut continuer de s’amuser dans la pratique de tous les jours, même quand ça devient sérieux.

Ambroise : Alors justement, comment tu la gères cette pression du résultat ? Parce que bien que je comprenne que tout cela soit dans la bienveillance et dans le plaisir, il y a quand même toujours l’envie de gagner des médailles, de rapporter des médailles. Donc comment tu gères cette pression ?

Elise Russis : Alors des fois c’est plus difficile que d’autres forcément, mais je pense que… Je redis mon entourage qui m’aide pas mal et on essaye de voir avec mon père qui est mon coach toujours, de faire petit à petit et de ne pas s’imaginer tout de suite aux Jeux Olympiques par exemple et d’abord faire les compétitions en temps et en heure. Mais aussi je fais de la préparation mentale qui m’aide aussi à gérer un peu ce stress ou cette pression qu’on accumulent tout au long de l’année avant notre grande confession par exemple et puis voilà j’essaye de prendre le plus de recul possible sur ce que je fais pour voir ce qu’on fait bien, ce qu’on fait mal et que aussi il faut apprendre à gérer les réseaux sociaux parce que forcément c’est un outil super mais c’est aussi un problème parce que des fois on voit nos concurrentes ou même nos amis qui mettent des trucs super à l’entraînement sur les réseaux Et du coup, on se dit, oh mince, moi, ce n’est pas aussi super que ça. Il faut vraiment que je sois un peu à la ramasse et se comparer à elle. Et donc, je pense que sur ça, il faut savoir prendre du recul pour se dire, OK, si les réseaux sociaux, ce n’est pas forcément la vraie vie. Chacun montre le meilleur de soi sur les réseaux sociaux. Et donc, il ne faut pas non plus trop se comparer à ce que les gens mettent sur ces réseaux.

Ambroise : Justement, en parlant des réseaux sociaux, comment tu les utilises, toi ? Quel est ton mantra, en quelque sorte ?

Elise Russis : Moi, pour la… Pour le saut à la perche, j’utilise majoritairement Instagram. Et là, je vais poster un peu mes entraînements au quotidien, mais pas trop non plus. Et puis souvent, ça va être au moment des compétitions où là, je vais partager les moments entre nous. Et puis aussi mes sauts, mes performances et tout pour tenir au courant les gens qui me suivent. pour ça. Après, je sais que pendant les sélections, j’aime bien faire un espèce de petit vlog pour mes souvenirs à moi, et pour partager aussi aux gens qui ne sont pas forcément là-bas, comment c’est pour leur faire découvrir que l’athlétisme, c’est une grande famille, et j’ai tellement de chance de pouvoir vivre des moments comme ça, aussi uniques, où on fait le sport qu’on aime dans une grande compétition avec des gens qui sont formidables. J’aime bien partager ça sur les réseaux sociaux avec une petite vidéo.

Ambroise : Ce que j’entends aussi dans ce que tu nous partages, c’est que tu le fais aussi avant tout pour toi. Est-ce que c’est ça le secret ? De ne pas trop se mettre la pression, d’être juste content et fier d’où on va, d’où on arrive, sans forcément être toujours en attente du regard des autres ?

Elise Russis : Oui, je pense que c’est très important. On ne peut pas vraiment réussir dans un sport si on ne l’aime pas. Moi, j’adore ce que je fais. C’est vraiment une passion. Je suis contente d’avoir cette chance de pouvoir aller en compétition internationale. Mais il faut garder dans l’esprit que c’est un sport et on doit s’amuser, même s’il faut prendre au sérieux les entraînements et tout ce qu’on fait autour. Si on garde dans l’esprit qu’on fait ça parce qu’on l’aime, je pense qu’on gère un peu mieux la pression. Quand je partage des moments, c’est aussi pour moi, pour avoir des souvenirs et puis pour essayer de montrer aux gens que… ce que c’est le sport et peut-être donner envie à des nouvelles personnes de commencer la perche ou le sport en général pour voir que le sport, c’est aussi plein de rencontres avec des personnes qui sont merveilleuses.

Ambroise : Les entraînements, les compétitions, la gestion de sa communication, la gestion de sa carrière, ce n’est pas rien tout cela. Comment tu arrives à mixer toutes ces activités avec tes études ?

Elise Russis : C’est un peu compliqué, mais on y arrive quand on est entouré des bonnes personnes. Et puis, moi, je suis en école de kiné cette année. Et en fait, j’ai un aménagement quand même. Ils ont prévu un dispositif pour les sportifs de haut niveau. Donc, c’est moi qui décide comment je vais aménager, si je fais en plusieurs années ou pas. Voilà, si je dois être libérée sur certains moments pour partir en compétition, pour partir à l’entraînement. Et puis, parce que ce qu’on oublie, c’est que oui, il y a les entraînements et la compétition, mais il y a aussi la récupération, la préparation mentale. Les réseaux sociaux, ce n’est pas une obligation, mais… Mais c’est un plus et ça prend quand même du temps, des fois. Des fois, je prends peut-être même trop de temps sur les réseaux sociaux. Mais voilà, je pense qu’il faut avoir un équilibre entre chaque. Et c’est important de consacrer du temps pour toutes les choses parce que les cours et les études, ça m’apporte aussi un équilibre dans ma vie sportive. Et la vie sportive m’apporte un équilibre pour les cours. Ça me donne une certaine rigueur. Et voilà, je pense que… J’ai besoin d’avoir les deux.

Ambroise : Pour les audacieux qui nous écoutent et qui voudraient aussi se destiner à un avenir de sportif, pourquoi pas de haut niveau ou même tout simplement une pratique qui demande beaucoup de temps et beaucoup de rigueur, quel conseil donnerais-tu ?

Elise Russis : Je pense qu’il faut aimer déjà le sport ou la passion qu’on veut faire. Et puis après, je pense qu’avec la motivation, on peut y arriver. il faut surtout bien s’entourer, savoir bien s’entourer, c’est important parce que moi, mes parents sont là pour me rappeler les choses. Et on va dire qu’ils sont là pour bien m’encadrer. Ils m’ont appris aussi cette rigueur. Et donc, voilà, il faut être sérieux, mais pas trop non plus parce qu’il faut savoir s’amuser.

Ambroise : Alors tu sais, la Caisse d’Epargne Normandie est très investie sur le sujet du sport, notamment en étant partenaire des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Je suppose que forcément, toi aussi, c’est quelque chose que tu ambitionnes, les Jeux olympiques. Qu’est-ce que ça te demanderait d’obtenir comme résultat pour un jour y participer à ces Jeux olympiques ?

Elise Russis : Alors normalement, les minimas, je crois qu’ils sont à 4,70 mètres ou 4,75 mètres. Je ne sais plus exactement, j’avoue. Et puis après, si on est plusieurs Françaises à ce niveau-là, je l’espère, parce que le niveau français est en train d’augmenter chez les femmes. Si on est plusieurs à ce niveau-là, il n’y en aura que trois qualités. Et donc, ça sera les trois meilleurs. Donc, voilà. Je pense qu’il faudra d’abord aller jusqu’à 4,70, 4,75 et puis après se battre pour être la meilleure française.

Ambroise : On croise les doigts pour toi, évidemment. Tu t’es rapprochée d’ailleurs récemment de la Caisse d’Epargne Normandie, je crois.

Elise Russis : Oui, je suis entrée dans le groupe des Audacieux qui soutient tous les projets. Il n’y a pas forcément que les sportifs. Et je trouve ça très intéressant parce que ça permet de… de se découvrir entre nous et puis de s’aider parce que les parcours des uns qui ne sont pas forcément sportifs peuvent aussi nous aider, nous inspirer. dans notre quête des Jeux Olympiques.

Ambroise : Bon, quelles sont les prochaines compétitions, les prochaines dates importantes pour toi ?

Elise Russis : Alors, dans la région, il y a le Perche Elite Tour à Rouen, le 11 mars. Donc ça, c’est un peu une grosse compète parce que c’est un événement où c’est pas par catégorie, mais par niveau, c’est un gros meeting. Et donc, moi, j’ai la chance de pouvoir des fois être dans le concours élite avec des… des champions olympiques, des championnes du monde. Et donc, ça me pousse à aller encore plus haut, de sauter avec elles qui sont un peu des modèles, puisque forcément, c’est les meilleurs en ce moment. Donc, de sauter avec les meilleurs, ça nous pousse vers le haut. Et puis après, la grosse compétition de l’année, ce sera les championnats d’Europe Espoir, donc moins de 23 ans, cet été en juillet, où j’espère me qualifier.

Ambroise : Super Élise, merci d’avoir échangé avec nous et je suis sûr qu’on va suivre de très près tes résultats et tes performances et ton quotidien. On a bien compris qu’on pouvait suivre cela sur ton Instagram. Peut-être que tu peux redonner d’ailleurs ton Insta, qu’on puisse te retrouver ?

Elise Russis : Oui, c’est élise.russis. C’est assez simple, comme ça on est sûr de me retrouver.

Ambroise : Carrément. Merci encore et on se dit à très bientôt.

Elise Russis : Merci beaucoup. Au revoir.

Dans le cadre du partenariat entre le Groupe BPCE et les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, la Caisse d’Epargne Normandie met en place le « Pacte Utile Caisse d’Epargne » qui regroupe un ensemble d’actions visant à accompagner des sportifs de haut niveau.

Depuis 2020, la Caisse d’Epargne Normandie soutient Florian Merrien, pongiste normand de l’équipe de France et quadruple médaillé paralympique et accompagne Margaux Bailleul, avironneuse havraise, depuis 2022.

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