Charlène Maniez, l’illustratrice rouennaise qui fait rimer art, bien‑être et audace avec Mandalae

À Rouen, une jeune artiste a décidé de transformer ses pinceaux et ses mandalas en véritable projet de vie. À 29 ans, Charlène Maniez, illustratrice rouennaise, fait vivre deux univers bien distincts : Nebyula, son premier projet inspiré du manga et de la pop culture japonaise, et Mandalae, son nouveau terrain de jeu créatif, entre art méditatif, bien-être et ateliers collaboratifs.

Portrait de Charlène Maniez, illustratrice rouennaise, fondatrice de Mandalae à Rouen
©Charlène Maniez

Derrière ces deux noms, il y a un parcours atypique : cinq années d’études en tourisme, des voyages au Costa Rica, en Afrique du Sud et un peu partout en Europe, des cours de peinture à l’huile dans un village près de Rouen, et un père qui travaillait les pastels. Autant de briques qui ont nourri son imaginaire… mais aussi ses compétences en marketing digital, en création d’offres et en graphisme, faisant de son passé un véritable tremplin pour lancer aujourd’hui son entreprise artistique en Normandie.

Du tourisme à l’illustration : le parcours atypique d’une artiste rouennaise

Avant d’être connue comme illustratrice rouennaise, Charlène vient d’un tout autre univers : le tourisme.

« J’ai fait des études dans le tourisme à Paris. J’ai obtenu un master dans ce secteur. Cela m’a permis de pas mal voyager. J’ai vécu à l’étranger pour y effectuer mes stages comme au Costa Rica, en Afrique du Sud, ou dans des pays d’Europe. À ce moment-là, j’avais le goût pour le voyage. »

Ce goût du voyage se mêle vite à une prise de conscience. Lors de son dernier stage, elle se questionne sur le fait de travailler derrière un écran, ce qui ne lui correspond pas.

« Je suis plutôt de nature à aimer le contact avec les gens et faire des choses avec mes mains. Le secteur touristique, je ne le regrette absolument pas parce que déjà ça m’a vraiment ouvert l’esprit. Le fait d’avoir voyagé, ça m’inspire également pour les créations que je fais actuellement. »

En parallèle, elle garde un fil rouge artistique : enfant, elle suit pendant 6 à 7 ans des cours de peinture à l’huile dans un village autour de Rouen, avec un vernissage en fin d’année, influencée aussi par son père qui aimait travailler les pastels et faire des tableaux.

Nebyula : le premier univers, entre manga, Japon et conventions

Comme beaucoup de jeunes créatifs, Charlène se remet au dessin pendant le confinement. Elle se tourne naturellement vers ce qu’elle aime : le Japon, les mangas, la pop culture.

« J’ai commencé à faire une page Instagram où j’ai partagé un petit peu mes dessins. Et puis, au fur et à mesure, j’ai commencé à créer une petite communauté. Ça a commencé à plaire. J’ai vu qu’en sortie de COVID, il y avait pas mal d’événements pop culture, Japon, manga en France. J’ai vu qu’en suivant d’autres artistes, c’était possible d’exposer dans des conventions. Et je me suis dit : pourquoi pas. »

Son premier « vrai » salon la pousse à lancer officiellement son entreprise. Elle paye son stand et gère la logistique.

« J’ai commencé à Paris car j’y étais logée pour la fin de mes études. Je n’avais pas de voiture, alors je mettais tout dans une grosse valise et je prenais les transports en commun. »

Elle lance en parallèle une boutique en ligne, prend des commandes personnalisées via les réseaux sociaux, et commence à gagner de l’argent, avec en tête cette sécurité : son diplôme de tourisme qui peut lui permettre de rebondir si ça ne fonctionne pas.
Après un peu plus de trois ans autour de Nebyula, elle ressent une vraie évolution du marché : la vague manga est « un peu moins à la mode », la concurrence explose, les salons coûtent plus cher. Revenue en Normandie, à Rouen, elle choisit de sécuriser son projet en travaillant à mi-temps dans un studio de Pilates, tout en continuant Nebyula en parallèle.

Mandalae : quand une illustratrice rouennaise allie peinture et bien-être

Le tournant arrive début 2026 : en panne d’inspiration sur son projet Nebyula, Charlène ressent le besoin de se ressourcer, a l’envie de revenir à la peinture et à quelque chose de plus aligné avec le bien-être.

« J’ai eu un peu une panne d’inspiration et puis un petit peu moins de motivation pour mon premier projet. J’avais besoin de me ressourcer et le côté peinture me manquait. De fil en aiguille, avec mon voyage au Sri Lanka, un petit peu de réflexion, j’ai eu envie de me recentrer sur le côté bien-être. »

Mais pourquoi le symbole du mandala ? L’artiste normande va suivre son instinct. Avec sa sœur, elles ont un mandala tatoué dans le dos depuis 10 ans, et puis son travail à mi-temps dans un studio de Pilates renforce encore ce lien avec l’univers bien-être. Elle se dit alors : pourquoi ne pas allier peinture et bien-être ?
Elle découvre la peinture de mandala sur bois, le dot painting.

« Je travaille point par point, avec des outils très fins, sur des ronds de bois, des bougies, des marque-pages, des pots. C’est un exercice qui demande de la concentration. »

Mandalae naît ainsi, avec une volonté claire : axer désormais sa visibilité sur Rouen via ce nouveau projet plutôt qu’uniquement sur Nebyula, vendre des créations et les exposer dans des lieux de bien-être (studios de yoga, hôtels, lieux de massage, entreprises), en personnalisant chaque mandala selon la déco.

Mandalae, un art méditatif ouvert à tous à Rouen

Au cœur de Mandalae, il y a l’idée d’art méditatif : des mandalas accessibles même aux débutants, pensés comme un moment de relaxation, guidé pas à pas.

« J’organise des ateliers bien-être, relaxation. C’est très doux, c’est accessible à des personnes qui sont aussi débutantes, parce que je les guide pas à pas, en ayant préparé la surface avec les traits de construction posés. Les participants n’ont plus qu’à suivre un tuto imprimé, avec mes conseils, pour se concentrer et construire progressivement la forme du mandala. »

Elle a déjà testé ce format dans le café plante Mimimosa à Rouen, qui offre une boisson à chaque participant, créant une ambiance conviviale.
Charlène ne s’arrête pas là. Elle développe des offres pour les entreprises (pause déjeuner, team building, soirées bien-être), pour des événements privés (enterrements de vie de jeune fille, groupes d’amis), mais aussi très bientôt pour des mairies.

« J’aimerais beaucoup proposer à des communes proches de Rouen de proposer cette activité sous forme de cycles d’ateliers hebdomadaires. Le cycle pourra se clôturer par une exposition des œuvres. Cela peut être fait avec des enfants à l’école ou même des personnes en EHPAD. »

La pratique artistique permettant de travailler sur de nombreux aspects, et notamment le fait de se détendre, de laisser son esprit vagabonder et de se déstresser.

La réalité d’une illustratrice rouennaise : réseaux, prospection et frustration créative

Sous l’image poétique de Mandalae se cache une vraie réalité d’entrepreneure. Charlène le dit sans filtre : quand on transforme une passion en entreprise, la création passe parfois au second plan.

« À la base, on fait ça par passion, parce que c’est vraiment la création qui nous passionne. Mais dès l’instant où l’on monte une entreprise, la création devient moins présente. Je consacre du temps à ma présence sur les réseaux sociaux. J’essaie de poster trois fois par semaine pour avoir de la visibilité et générer des commandes. Mon rôle est aussi de gérer les stocks, faire de la prospection… C’est vrai que ça prend beaucoup de temps. »

Elle rappelle aussi qu’elle a « absolument tout fait seule » avec Nebyula, la création de son site, des visuels, des démarches de création d’entreprise. Elle a pu s’appuyer sur ses études et ce qu’elle a appris notamment en marketing ou en graphisme.

« Avec le projet Mandalae, je m’ouvre davantage, que ce soit aux collaborations mais aussi à l’avis de personnes extérieures pour me challenger. Cela me permet de gagner du temps. J’ai gagné en confiance en moi et je m’ouvre plus facilement aux autres. Je n’hésite pas à parler de mon projet, le confronter. Je me sens plus légitime. »


Mandalae demain : fresques murales, ateliers en mairie et événements bien-être

Quand elle imagine l’avenir de Mandalae à Rouen et en Normandie, Charlène a une vision très concrète : vivre pleinement de Mandalae, peut-être sans son mi-temps à côté, tout en continuant à sécuriser son activité.

« J’aimerais mener des collaborations avec des “jolis lieux” pour des mandalas muraux, réaliser des fresques dans des studios de yoga, des écoles ou même chez des particuliers, et multiplier les workshops avec des professionnels du bien-être. »

Ses conseils aux jeunes normands et normandes qui veulent se lancer

Pour ceux qui lisent cet article et se demandent s’ils doivent, eux aussi, tenter l’aventure, Charlène partage plusieurs conseils.

« Déjà, suivre sa passion. Si on est passionné, et que l’on y ajoute de la rigueur et de l’organisation, cela fonctionne. C’est vraiment important d’être animé par cette passion. »

Elle insiste sur un point souvent oublié : le culot.

« Un conseil qu’on m’a donné et que j’avais du mal à appliquer : tout simplement avoir un petit peu de culot pour démarcher les gens et parler de ce qu’on fait. Ce n’est pas toujours évident quand on débute car on peut avoir un manque de confiance en soi. On ne sait jamais si ça va plaire à tout le monde. On peut avoir des angoisses. Essayer de prendre confiance en ce qu’on fait, ça permet de le vendre beaucoup plus facilement, tout simplement. »

Son message est clair : suivez ce qui vous anime, formez-vous, organisez-vous, entourez-vous… et osez parler de votre projet, même si vous n’êtes pas sûr qu’il plaira à tout le monde.

Suivre Mandalae et l’actualité de l’illustratrice rouennaise

Pour découvrir le travail de cette artiste rouennaise, plonger dans l’univers coloré de Nebyula ou dans la douceur méditative de Mandalae, vous pouvez suivre Charlène sur son compte Instagram, TikTok, LinkedIn, sa chaîne YouTube ou sa boutique en ligne. Elle y partage ses créations, ses ateliers à Rouen (comme ceux chez Mimimosa) et ses collaborations.

Et pour se lancer, la Caisse d’Epargne Normandie est là

Le parcours de Charlène Maniez, illustratrice rouennaise passée du tourisme à l’art et du manga aux mandalas avec Mandalae, montre qu’on peut construire un projet ancré en Normandie, en partant d’une passion et en acceptant de pivoter, de se réinventer. Pour tous les jeunes normands qui souhaitent à leur tour transformer une idée en entreprise, en association, en projet artistique ou sportif, il existe des appuis concrets.


La Caisse d’Epargne Normandie accompagne les jeunes dans leurs premières démarches : structuration du projet, solutions de financement, outils de gestion, mise en relation avec des acteurs locaux. En combinant cet accompagnement avec les conseils de Charlène et « un petit peu de culot », chacun peut commencer à écrire sa propre aventure entrepreneuriale, à Rouen comme partout en Normandie.