À Isneauville, à deux pas de Rouen, une jeune femme a ouvert les portes d’un cabinet d’audioprothèse pas comme les autres. Son nom : Lisa Remy. Sa marque : Otocyon. Son moteur : une ténacité à toute épreuve et une vision du soin qui dépasse largement le simple commerce. Rencontre avec une entrepreneure normande qui prouve qu’avec de la détermination, tout est possible.

Lisa Remy, audioprothésiste en Normandie : un coup de cœur à 15 ans qui a tout changé
Il y a des vocations qui naissent tôt. Très tôt. Pour Lisa Remy, tout commence lors d’un stage de troisième. Il y a même dans son histoire familiale une petite ironie savoureuse : c’est sa sœur qui, cherchant sa voie, avait entendu parler de l’audioprothèse par un opticien sans jamais donner suite. Lisa, elle, a saisi l’occasion.
« J’ai découvert l’audioprothèse lors de mon stage de 3e, donc à mes 15 ans. Ma sœur recherchait une vocation et on lui a parlé de ce secteur porteur. Je me suis dit : pourquoi ne pas découvrir ce métier ? J’ai adoré avoir la double casquette : une partie paramédicale avec le patient, et une autre plus commerciale. En effet, nous proposons et nous vendons les appareils auditifs. »
Un parcours en audioprothèse taillé pour l’indépendance
Après son bac S et une prépa au concours, Lisa intègre l’école d’Évreux, plus précisément à Saint-Sébastien-de-Morsent.
« Je faisais partie de la première promotion d’Évreux. J’y ai passé trois années de formation, dont deux en apprentissage sur la région rouennaise. »
Diplômée, elle rejoint une grande société d’audioprothèse où elle a le statut de cadre, responsable de deux laboratoires. Son parcours la mène à Vernon, puis jusqu’à près de Lausanne, en Suisse. Deux ans après son retour en France, la décision est prise : se lancer à son compte.
De salariée à cheffe d’entreprise : le moment où Lisa a tout quitté
Dans l’entreprise où elle est salariée, les perspectives sont limitées.
« J’ai toujours voulu être indépendante, parce que lorsqu’on est audioprothésiste, on a quatre choix réellement : soit être salariée, soit être indépendante, soit travailler dans les hôpitaux pour faire tout ce qui est bilan auditif pour les ORL, ou sinon travailler comme salariée pour des fabricants d’appareils auditifs. »
Elle quitte son poste en février 2026, enchaîne avec un CDD le temps de finir les travaux, mais a lancé son projet dès octobre 2025. Les travaux du local débutent en janvier 2026 et s’achèvent en mai 2026. Pendant cette période, elle mène les deux de front : activité naissante et obligations professionnelles, avec près d’une heure et demie de route quotidienne par jour.
Otocyon : un nom qui dit tout sur l’identité du projet
Pourquoi appeler son entreprise Otocyon ? Lisa nous explique les raisons de cette appellation et elles ont du sens.
« Oto, en grec ancien, ça veut dire « oreille », et l’otocyon, c’est une race de renard d’Afrique subsaharienne qui a de grandes oreilles, d’où mon logo. J’adore les animaux et le secteur de l’audition, je trouvais que c’était fait pour moi. C’était un peu plus original que Lisa Audition. »
Loin des noms génériques du secteur paramédical, elle s’est construit une identité forte, mémorable, qui lui ressemble de bout en bout. Pour mener ce projet à bien, elle a fait appel à un architecte d’intérieur pour les travaux et la décoration, à un communicant pour les réseaux sociaux et à un expert-comptable recruté dès le premier jour.
« Je me suis bien entourée. Pour moi, c’était important, donc j’ai fait beaucoup par recommandation. Je pense que c’est ce qu’on fait un peu tous, et je suis très contente des personnes qui m’ont entourée, que ce soit notamment mon expert-comptable, mon graphiste Charly Murté, mon architecte d’intérieur Cédric Lévenez ou la Caisse d’Epargne Normandie Isneauville, qui m’a bien aidée aussi, en suivant de près le projet. C’était bien de se sentir épaulée. »
Devenir audioprothésiste à Rouen avec une philosophie du soin personnalisé
Ce qui différencie Otocyon, c’est avant tout une vision du métier radicalement humaine. Lisa Remy propose la vente, le suivi, l’adaptation et le contrôle de prothèses auditives, mais aussi l’accompagnement des aidants, des formations gratuites pour les professionnels de santé en EHPAD ou à l’hôpital, et des bilans auditifs ouverts à tous, y compris aux jeunes.
« Contrôler son audition, c’est bien de le faire même quand on est jeune, pour avoir un bilan auditif de référence et pouvoir voir, au fur et à mesure du temps, si son audition évolue ou non. »
Elle propose également des protections auditives sur mesure pour les concerts, la moto, le sommeil, la natation ou les environnements industriels.
« Ce qui différencie Otocyon, c’est que le cabinet est basé sur un service premium, avec un suivi du patient. Si j’ai besoin de prendre 3 h avec un patient, je prendrai 3 h. Je ne veux pas avoir la montre à la main. Dans mon secteur, on voit de plus en plus de rendez-vous à la chaîne. Et moi, ce n’est pas du tout ce que je veux, je ne veux pas du tout rentrer dans ce système là. »
Pour choisir son local, l’entrepreneure normande a bien réfléchi. Le choix d’Isneauville, à deux pas de Rouen, n’est pas le fruit du hasard.
« La première chose, c’est que j’habite Isneauville, donc c’est pratique de ne plus avoir la route à faire. Je dois avouer que de venir à pied, c’est agréable et pratique. Au-delà de cela, il n’y a pas beaucoup de concurrents dans cette zone. Je suis vraiment la seule indépendante, non franchisée. Cela permet de proposer un autre type de service et de répondre à un besoin. »
Une entreprise engagée en faveur de la cause animale
Cohérente jusqu’au bout avec son identité visuelle et ses valeurs, Lisa Remy a noué un partenariat avec le Zoo de la Boissière du Doré, près de Nantes, et son association de protection des animaux Boissière Mervent Conservation.
« Pour chaque appareil vendu, 1 € leur est reversé. Ce zoo a des otocyons, donc je trouvais que ça terminait un peu la boucle, et surtout que la protection des animaux est importante pour moi. Je prends soin des humains au quotidien, mais c’est important aussi de penser à eux. »
Créer son cabinet d’audioprothèse à Isneauville, c’est une aventure exaltante, mais soyons honnêtes, ce n’est pas sans turbulences. Lisa Remy le reconnaît avec une franchise qui fait du bien.
« Faire connaître Otocyon, ça prend du temps. Je pense un peu plus de temps que ce que j’avais prévu. Je communique beaucoup pour être identifiée, donc je dirais que la patience est aussi une compétence que doit avoir un entrepreneur. »
La fondatrice d’Otocyon regarde déjà devant elle avec une vision structurée et ambitieuse.
« Mon ambition, c’est d’embaucher une assistante, ensuite de prendre un 2e audioprothésiste, car j’ai deux cabines dans mon local, et après de me développer de plus en plus… Ça va être au fur et à mesure du temps. La carrière, c’est comme des travaux : on ne sait jamais vraiment combien de temps ça va prendre, mais on sait que ça réussira à la fin. »
Ses conseils aux jeunes Normands qui veulent se lancer
Si vous êtes en train de lire cet article avec un projet en tête, Lisa Remy a un message simple, direct et vécu pour vous.
« Ne jamais abandonner, toujours y aller, même si les autres disent que ce n’est pas possible. À l’école, on me disait que je ne pourrais jamais être audioprothésiste, que je n’y arriverais pas. Et dix ans après, je suis audioprothésiste et je suis à mon compte. Un bon nombre de personnes m’ont dit d’abandonner le projet, que c’était trop risqué. Si je les avais écoutées, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. »
Et sa ténacité naturelle, elle la revendique avec humour. Pour elle, être têtue, cela a peut-être aidé. Son conseil le plus concret reste celui de l’entourage : trouver les bonnes personnes, les bons partenaires, les bons soutiens et avancer.
Comment suivre Lisa Remy et l’actualité d’Otocyon ?
L’aventure de cette audioprothésiste normande ne fait que commencer. Pour rester connecté à l’actualité d’Otocyon et suivre le développement du cabinet à Isneauville, rendez-vous sur son compte Instagram ou sur son site internet.
La Caisse d’Epargne Normandie, partenaire des entrepreneurs normands qui osent.
L’histoire de Lisa Remy, c’est aussi l’histoire d’un accompagnement. Entreprendre seul face aux banques, aux démarches administratives et aux incertitudes financières, c’est une épreuve en soi. Lisa l’a dit elle-même : avoir une banque qui prend de tes nouvelles et qui t’épaule dans les moments clés, ça change tout dans l’expérience entrepreneuriale.
La Caisse d’Epargne Normandie s’engage aux côtés des jeunes normands et normandes qui osent se lancer, qu’il s’agisse d’un cabinet paramédical à Isneauville, d’un projet artistique à Rouen ou d’une initiative associative en Normandie. Si vous avez un projet, un rêve, une idée qui mérite d’être concrétisée, ne restez pas seuls avec vos questions.



